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Steve Hill

OMI MOUNA, ou ma rencontre fantastique avec mon arrière grand-mère

L’Art de la parole

Texte, mise en scène et interprétation : Mohsen El Gharbi. Production : L’acteur en marche.

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MOHSEN EL GHARBI

AUTEUR, METTEUR EN SCÈNE ET ACTEUR

Né à Anvers de mère flamande et de père tunisien, Mohsen est issu de l’École Internationale de Théâtre LASSAAD (Bruxelles). Il peaufine sa formation avec Ariane Mouchkine, Dario Fo, Yoshi Oida. Il vit à Montréal depuis 1997.

Il écrit, deux ans plus tard, sa première pièce dramatique, Arlequin et Tyrano mise en scène par Yves Dagenais. En 2000, il rejoint la compagnie Pol Pelletier puis part pour Bruxelles pour créer – après un an d’improvisation – Omi Mouna, son premier monologue en néerlandais. Suivra deux ans plus tard Il était une fois… Omi Mouna, solo tragi-comique qu’il écrit, interprète et met en scène. En 2006, l’homme-orchestre présente l’ironique Juste pour mourir – monologue d’un kamikaze raté ! à la 5e salle de la Place des arts. Il crée en 2014 Le dernier rôle, son cinquième texte dramatique et sa troisième mise en scène.

En 2016, il réalise son premier court-métrage, Le secret d’Omi Mouna, sélectionné dans plusieurs Festivals (Canada, Europe, Tunisie).

Il joue aussi sous la direction de Mani Soleymanlou, Jean-Marie Papapietro, Arianna Bardesono, Guy Spring, Claude Poissant, Charles Bender. Tout récemment, on peut le voir dans Après coup, film de Noël Mitrani sélectionné au FNC 2017. Il est Philippe dans la série Demain des hommes sortie sur Radio-Canada l’automne 2018.

Omi Mouna (ou ma rencontre fantastique avec mon arrière-grand-mère) est le dernier solo de Mohsen El Gharbi. Créé à Caraquet en 2017, le spectacle a eu une avant-première au MAI en 2017, et a été présenté au Théâtre de la Ville de Longueuil.

omi mouna

POURQUOI OMI MOUNA ?

Mot de Moshen El Gharbi

De mère flamande et de père tunisien, ayant étudié dans des écoles francophones en Wallonie, je me suis toujours retrouvé dans un territoire flou. Francophone à Anvers, Flamand en Wallonie et de toute façon Tunisien en Belgique. Je pensais qu’une fois arrivé l’été en Tunisie, ces ballottements identitaires allaient cesser, mais non, je n’étais pas assez tunisien, puisque je ne parlais pas assez bien le Tunisien.

C’est une troisième langue, comme si j’avais été rejeté par les deux premières, qui m’a accueilli sur son rivage. Il m’a toujours paru étrange pour un Flamand de ne pas maîtriser le néerlandais et comme Tunisien de ne pas parler et écrire l’arabe.

Le français est devenu la langue de mon travail et de ma vie.

La langue est pourtant le socle de l’identité, c’est en tout cas ce qu’Amin Malouf expose dans Identité meurtrière. Rapprochement de deux mots qui font échos aux guerres identitaires. Et c’est justement sur le rapport entre la violence et l’identité qui m’a fallu travailler.

Alors que je ne maîtrise aucune de mes langues «maternelles», chaque membre d’une de mes patries me repoussait dans un autre clan comme pour me rappeler qu’il faudrait que j’en tue une pour être pleinement accepté.

La tentation était là, effacer «l’arabe violent» de mon identité. Il m’a fallu moi-même dissocier l’idée de violence de celui de l’identité, auparavant binôme inséparable puisque mon père était violent.

C’est en ressentant l’amour pour les membres de ma famille, l’amour d’une Omi Mouna, que j’ai pu enfin mettre d’un côté la violence que j’ai subie de mon père, arabe tunisien. La dissociation du binôme était faite, enfin!